La véritable révolution de Tintin et les Picaros...
Présentation du volume n°3 de notre collection

Un essai révolutionnaire !
Si Hergé a souvent conçu l’élaboration de son œuvre autour de diptyques célèbres (Le secret de la Licorne & Le trésor de Rackham le Rouge ou Objectif Lune & On a marché sur la Lune), il nous paraît évident que les trois derniers albums de la série sont les trois piliers d’un seul et même projet, que nous pourrions intituler ainsi : En finir avec Tintin.
Parution de La véritable révolution des Picaros : Juillet 2025
Pourquoi défendre une révolution mal-aimée ?
Pour aborder cet album rapidement critiqué, et finalement peu commenté, à partir d'un angle de réflexion inédit...
Et révéler enfin la véritable révolution des Picaros, celle qui a permis de faire des Dupond et Dupont les héros de la dernière aventure de Tintin, mais pour une raison qui méritera d'être enfin dévoilée...
Tintin et les Picaros est sûrement l’album de Hergé le plus honni de toute son œuvre. On lui reproche pêle-mêle : les nouveaux pantalons de Tintin, des héros désabusés, un dessin moins précis, des cases que s’accaparent des figures imposantes et non plus des décors pointilleux, une histoire banale et une fin qui prend le parti du « tous pourris ». On est loin, en effet, des albums où Tintin incarnait le redresseur des torts et sauvait des innocents par pelletée, un peu comme un héros des séries Marvel, mais vêtu d’un costume moins sexy.
Amorcée après l’album charnière de Tintin au Tibet, la disparition de son héros à la houppette est en marche au moment des Bijoux et s’achève, à l’instar de Vol 714 pour Sydney, dans un avion, mais celui-ci dans le ciel... Même les exégètes aguerris se sont éloignés de cet album, en négligeant que Hergé achevait de main de maître un triptyque porteur de sens.

Tintin et les pires carosses ?
Est-ce qu’un meilleur accueil et un succès indiscutable auraient incité Hergé à clore son œuvre sur Vol 714 pour Sydney ? Ou bien ce dessinateur de génie a-t-il voulu « en montrer » une dernière fois avant de tirer sa révérence ? Certains pensent que si les Picaros ont été mis en chantier, c’était avant tout pour occuper les mains des collaborateurs des Studios Hergé qui, entre deux dessins pour une publicité ou quelques retouches apportées aux albums du passé, s’ennuyaient quand même beaucoup. Nous pensons que ce n’est pas l’accueil de Vol 714 pour Sydney qui a incité Hergé à dessiner un dernier album, mais parce que tout ce qui était pourtant visible et lisible dans Vol 714 est passé inaperçu, comme l'absence édifiante des Dupond et Dupont (lire notre opus 3 : 1 à ce sujet).
On pourrait nous rétorquer : « Et l’Alph-Art, alors ? C’est quoi ? Des gribouillages pour s’occuper ? » Effectivement, des gribouillages que l’on réalise par habitude, parce que le moteur du génie artistique ne s'arrête pas comme le moteur d'une tondeuse à gazon. Des gribouillages comparables aux triturations de Picasso ou aux malaxages de Rodin. Des mouvements que l'on effectue sans penser à produire une œuvre de plus, mais parce que lorsque l’on est un artiste de génie, qui a trouvé son outil, alors on ne peut s’empêcher de s’en servir au quotidien, par réflexe, pour continuer de tenter de faire la peau à ce mystère implacable que l’on pourrait résumer par cette question :
- Comment du néant s’est extirpée la matière ?
En guise de promesse..
Relire les albums conçus par Hergé, après celui qui lui a permis de mieux vivre avec ses névroses (Tintin au Tibet), en s’accordant une liberté totale d’interprétation, et en négligeant tout ce qui a déjà été dit et écrit, c’est se donner le droit et la possibilité de se rapprocher du privilège que les créateurs, qu’ils soient littéraires, mélomanes, statuaires ou picturaux, espèrent vivre un jour de leur vie : celui qui fait de l’initiateur d’une création le spectateur de son propre travail, ou plus précisément, lorsque le produit de la pensée acquiert une telle autonomie qu’il devient évident que l’artiste est le jouet de son œuvre.

Un essai qui bombarde !
Nous vous proposons de révolutionner le commentaire de l'œuvre de Hergé en procédant par ordre. En premier lieu, le recrutement. Ensuite, des exercices de tir, avant de tout faire sauter. Et pour finir, la distribution des médailles.
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Au sujet de Vol 747 pour Sydney... Hergé a déclaré : « Là, j’ai voulu changer, revenir à l’Aventure avec un grand A... sans y revenir vraiment ». Il aurait pu dire également, à propos de la première et de la dernière case de l'album : « Là, j’ai voulu dessiner un avion prêt à décoller, mais en laissant planer ce doute : décollera-t-il vraiment ? »
Des diptyques au triptyque
Si Hergé a souvent conçu l’élaboration de sa création autour de diptyques célèbres (Le secret de la Licorne & Le trésor de Rackham le Rouge ou Objectif Lune & On a marché sur la Lune), il nous paraît évident que les trois derniers albums de la série sont les trois piliers d’un seul et même projet, que nous pourrions intituler ainsi : En finir avec Tintin.
Ainsi, dans Les Bijoux de la Castafiore, Hergé ridiculise Tintin et sa propension maladive de faire de son prochain le coupable potentiel de mauvaises actions, dès que son prochain peut lui permettre de ne pas se remettre question… Dans Vol 714 pour Sydney, Hergé explique à Tintin que le voyage le plus important est celui que doit accomplir la pensée et que toutes ses gesticulations passées à travers le monde ne lui auront pas permis de se rapprocher d’une spiritualité apaisante… Et dans Tintin et les Picaros, Hergé fait admettre à son héros que les gentils et les méchants sont finalement des êtres interchangeables.